mardi 19 mai 2009

Championnats du Monde de 24 heures (2009)

24h de BERGAMO : IAU WORLD CHALLENGE 2009

C’était il y a une semaine, le coup de pistolet final venait de retentir. Anne Cécile venait de réaliser un truc incroyable « Championne du Monde », troisième au scratch, nouveau record de France à seulement 13 mètres du record du monde… Pour ma part, je terminais douzième d’un championnat du Monde en améliorant ma marque de quelques hectomètres…



Petit retour en arrière.

Jeudi 30 avril, 17h.

Je laisse mes élèves rentrer chez eux, ils savent que leur « maître » part en Italie pour rejoindre Anne Cécile et l’Equipe de France. Certains que cela intéresse, me souhaitent bonne chance ! Mes parents (que je remercie) sont venus récupérer Salomé, Maïlys et Titouan à la sortie de l’école…Ils me souhaitent bon courage. Titouan aura eu ces mots quelques jours auparavant « Maman, tu essaieras de me ramener un coupe ! »

Je passe rapidement à la maison, je charge mes deux caisses, mon sac, une chaise pliante et mon duvet. Puis je prends la route direction Bergamo. Je sais que je vais passer un week-end sympa, quasiment impensable pour un athlète amateur. Partager une course d’un Championnat du Monde avec les meilleurs athlètes mondiaux. Un vrai rêve ! J’ai parfaitement conscience que je dois considérer cela comme un privilège ; cela fait des mois que je m’y prépare, et depuis seulement quelques semaines, j’ai la certitude d’avoir un dossard ; seulement deux athlètes étrangers ont été acceptés dans la course OPEN, merci à Grégorio (le boss de l’organisation sur place) qui a oeuvré contre l’avis de l’IAU.

La route se passe bien, après 3h et quelques centaines de km, je me retrouve à quelques dizaines kilomètres de la frontière en territoire Italien. Je fais une pause repas ; des pâtes sorties de mon sac. Et là un coup de fil de Véro, l’épouse de Phil. Elle me propose de m’héberger pour la nuit, elle se trouve du côté de Milan… Je reprends la route, et après m’être un peu perdu dans la banlieue Milanaise, j’arrive à son hôtel vers minuit. Cool, je devais dormir dans la voiture, je me retrouve en réalité dans un hôtel grand standing ! Merci Véro et Phil, j’ai apprécié. Courte nuit en ce qui me concerne, car comme je l’ai écrit plus haut, je sais que je vais vivre un truc incroyable, et cela perturbe un peu mon sommeil.


Vendredi 1er mai, 7h30.

Ce matin, après un petit déjeuner « soft », nous prenons la route pour rejoindre Bergamo à une cinquantaine de km. Nous arrivons à l’hôtel dans lequel sont logés les Français. Anne Cécile et là, avec Sylvie PEUCH, je retrouve Bruno et Patricia au petit déj avec leurs enfants, je retrouve Phil, je salue Momo (première fois que je rencontre de vrai ce Grand Monsieur), je salue Brigitte, Christophe MARTIN, Anne Marie et Eric VERNET, Jean François PONTIER (le coach d’Anne Cécile et également responsable de la délégation) je fais connaissance « pour de vrai » avec Titi (Thierry DOURIEZ), je salue Bernard GAUDIN, Philippe PROPAGE, le toubib Jean Michel, la kiné Maryline, la podo Virginie, Jean Pierre (le chef de la délégation FFA), je salue également Martine GUILHEMBET et Kora BOUFFLERT, je retrouve Fabien HOBLEA. Bref, que ce qui se fait de mieux cette année sur la planète 24h. L’ambiance est très sympathique, le climat est convivial, bref, tout le monde est là, détendu, mais prêt à en découdre. Les Suédois sont dans le même hôtel, le futur champion du Monde qui ne le sait pas encore est là ; lui aussi. Qui a porté chance à qui ? C’est une question aux superstitieux.



Dans la matinée, après avoir récupéré mon dossard, n°320, je fais un tour du circuit en marchant avec Phil, Véro, Martine et Kora. J’apprends que François (Papy 64) ne sera pas présent auprès de Martine et j’en suis désolé pour lui, idem pour le mari de Kora qui doit s’occuper des enfants…

Nous découvrons ce circuit, qui immédiatement paraît exigeant… Peu importe ! Je suis là pour ça, « qui vivra verra ! ». Anne Cécile et Sylvie règlent des détails avec Jef pour la course du lendemain.



Le repas est pris dans une cafétéria avec l’ensemble de l’Equipe de France. Je suis comme un gosse à Noël devant le sapin et tout les cadeaux. Je ne peux m’empêcher de penser « Put… ! Tu es à table avec un paquet de champions du Monde ! » De suite je me suis senti bien accueilli parmi ce groupe, mais en aucune façon je ne voulais déranger en quoi que ce soit.

L’après midi se passe tranquillement ; réunion technique pour les uns, repos en chambre pour les autres, je retourne faire un tour de circuit avec Bruno. Puis viendra la séance pour les photos, le soleil est resplendissant, les couleurs sont belles… Les Français sont les favoris, c’est certain ! Les supporters Français également, des amis et la famille de Christophe, les amis et la Heubi Team, la famille de Titi, la famille et les amis de Fabien, les amis de Bibi, plus tard, le mari de Sylvie, et bien d’autres encore qui ont fait le déplacement pour encourager nos Français.

Vendredi 1er mai, 17h.

Cérémonie d’ouverture avec notamment la présentation des 28 délégations nationales et de nombreux discours… J’y retrouverai Gilbert CODET, qui également était venu supporter les Français. Puis viendra l’heure de la Pasta. Beaucoup trop de monde, nous décidons d’aller nous restaurer à la cafétéria. Je récupère ma chambre dans un autre hôtel, que je partage encore une nuit, avec Véro. Pour la petite histoire, nous ne disposions cette fois que d’un lit double, aussi, pour ne générer aucun quiproquo et en accord avec Véro, j’ai pris l’option de dormir par terre sur la moquette ; j’avais bien fait de prendre mon duvet ! Je prends quelques gouttes de somnifère, histoire de faire une bonne nuit avant la course.

Samedi 2 mai, 7h00.

Pas besoin de réveil, mais j’ai bien dormi. Véro est parti rejoindre Phil. Pour ma part, petit déjeuner classique ; il ne faut rien changer. Je quitte l’hôtel vers 8h, descends dans les profondeurs d’un parking où se trouve ma voiture. Là, je sors mes caisses, et commence à préparer mes litres de boisson énergétique. Il faut dire que courant en OPEN comme 23 autres coureurs, nous ne sommes pas « logés » à la même enseigne, mais c’est normal, ça fait partie des règles.

Je prépare donc une douzaine de petites bouteilles, j’ai du coca, de la Saint Yorre, une brique de soupe, du sel, du doliprane, le MP3, une grande tasse, une paire de ciseaux, et mes fringues de rechange pour la course.

Va falloir se débrouiller un peu seul sur ce coup là. A ce propos, un grand merci à la Heubi team qui m’a tout naturellement et généreusement proposée son aide et à Gilbert qui m’a filé un sacré coup de main, autant sur le plan matériel que psychologique.

9h20, je sors du parking, « déguisé » en coureur, prêt à prendre le départ, chargé de mes deux caisses. Philippe PROPAGE que je croise dans la rue qui mène au circuit tout proche, m’aide à les porter jusqu’à ce que je trouve la place qui est réservée au ravitaillement perso des coureurs en OPEN sur le circuit. Après quelques hectomètres, je pose mes caisses et m’apprête à rejoindre la tente ravito des Français. Il y a de l’agitation partout, faut dire que pour le staff, c’est un ENORME travail… BRAVO à Jef et aux autres membres du staff . Je peux dire que vous aviez mis tous les atouts de votre côté et que nos « Bleus » étaient dans de bonnes conditions pour briller.



9h50, nous nous rapprochons de la ligne de départ. Je suis heureux d’être là avec tous ces gens un peu fou qui ont fait le choix de courir 24h. Ces instants sont magiques pour un champion du monde de son jardin !

9h59, il fait grand beau temps sur Bergamo. Tout le monde est derrière la ligne de départ. Je viens d’embrasser Anne Cécile une dernière fois avant le départ et souhaiter bonne chance aux Bleus (Peut-on parler de chance ?)… 3, 2, 1. C’est parti ! Pour 24h….


Chacun des coureurs est concentré sur ce qu’il a à faire. Pour ma part, ce sera 13’ tous les deux tours(1134m x2) en alternant course et marche ; comme à l’entraînement, soit 10,5km/h de moyenne avec une première heure légèrement plus rapide du fait des minutes que l’on gagne sur les premiers tours. Et là, je savoure… Dès les premiers tours justement, quand tout paraît si facile, je savoure la chance et le privilège d’être là (et cette fois-ci on peut parler de chance).

J’entame une longue course d’attente car dans ma tête, ça ne démarrera qu’à partir de 120km parcourus. Je passe donc mon temps à gérer mon allure, mon ravito perso, à encourager les Français(es) dès qu’ils me prennent un tour, à courir quelques hectomètres voir un tour avec l’un ou l’une d’entre eux dès que nos allures respectives se trouvent en phase, à répondre d’un signe de la main aux supporters Français, à sourire aux photographes pour essayer de rivaliser avec Anne Cécile dans ce domaine (non j’déconne…), à encourager le staff (qui me re le rend bien)à chaque passage devant  « les stands », Jef me renseigne sur la progression d’Anne Cécile qui de son côté prend de mes nouvelles auprès de Véro. Faut dire qu’elle à 10,7km/h et moi à 10,5, faudra attendre presque 6h pour qu’elle me prenne un tour (elle m’en prendra un bon paquet quelques heures plus tard)… Bref, j’avance, reste concentré et me régale. Je m’hydrate au maximum, pense à me rafraîchir avec les éponges à chaque tour, fait un lancé d’éponge dans la poubelle ou dans les mains du bénévole… Chapeau bas à l’organisation ; ils ont été sans faille.



Je ne courrai ni avec Christophe, Fabien, Momo, Phil et Kora pendant les premières heures. Pas moyen de les suivre, ils vont trop vite. D’autres comme Bruno, Bibi, Thierry, Sylvie sont plus dans mes allures lorsque je cours… eux continuent, moi je marche pendant ma période de récup.





Et cella suit son cours jusqu’à la dixième heure de course environ. Gilbert aura pris le soin de déplacer mes caisses à l’ombre afin de na pas être obligé de consommer chaud. L’après midi aura été très chaude, et l’hécatombe a commencé. Abandons, syncopes et vomissements s’enchaînent… Dur dur pour tous ces coureurs si longuement préparés.











Bien entendu, comme tous ou presque, j’ai moi aussi une grosse baisse de régime au début de la nuit. Pas de problème physique, mais une grosse fatigue. Plus de jus ; la panne sèche. Il me faudra 34’ entre la douzième et la treizième heure pour effectuer mes deux tours. En accord avec Gilbert, je décide de me poser cinq minutes. On tchatche ; je sais à ce moment là que s’en est terminé pour moi aussi. Si j’avais connu le résultat final à cet instant « t », j’aurai signé des deux mains. Pas une seule seconde je pense à abandonner, je me dis seulement que je dois rester sur le circuit, pour aider au mieux les Français(es) encore sur le circuit, pour Anne Cécile, pour tous ceux qui nous ont encouragés avant l’épreuve, pour tous les efforts consentis pour en arriver là, et parce qu’il s’agit d’un Championnat du Monde et que cette opportunité ne se présentera pas à moi tous les quatre matins. De plus je pense positif : « ça va repartir ! ».


Après cinq minutes assis au côté de Gilbert, je repars, transis de froid bien entendu, mais ça ne va pas durer, et je me retrouve de suite à tourner avec Bibi qui jusque là fait une course extraordinaire.

A ce moment là de la course, je ne conçois pas que le titre puisse lui échapper cette fois ; cela avait était tellement dur à Séoul ! (sans la moindre arrière pensée négative de ma part envers Anne Marie qui le méritait tout autant). Je repense à ses  côtés à sa façon d’enchaîner mentalement les heures… Merci Bibi de m’avoir fait partagé cela.

J’ose demander au staf Français de me faire chauffer un peu de soupe. Ils acceptent, le tour suivant j’arrive chargé de ma grande tasse, la  brique de soupe et les ciseaux. Merci à vous !

Je décide de m’avaler une bonne assiette de pâtes au fromage…Miam ! N’est-ce pas Quentin, qu’elles sont bonnes !

Puis ce sera le tour de Phil qui aura fait tout son possible malgré la douleur pour rester le quatrième Français en course des fois que l’un des trois autres abandonne. Il ne s’arrêtera qu’après concertation avec les coachs. Bravo Phil, tu es fort et Grand !

Un peu plus tard dans la nuit, je  tournerai de nouveau avec Bruno qui, comme nous tous, a certes un peu baissé de régime mais qui reste toujours très concentré sur sa course.

Momo et Thierry continuent leur route, Martine, Kora et Anne Marie également ; Sylvie est en véritable souffrance ; elle a fait preuve d’une force de caractère incroyable car malgré des maux de ventres incessants, des passages répétitifs aux toilettes, elle restera sur le circuit et enchaînera les tours jusqu’au lendemain. Bravo Sylvie ! Tu es une Grande toi aussi !


Le public Français restera le seul présent toute la nuit. Bravo à vous tous également car sans vous, les coureurs ne feraient sans doute pas aussi bien.

Vers la quinzième heure me semble-t-il,  Jef me dit qu’Anne Cécile a un petit coup de mou. Je décide avec son accord de prolonger ma période de marche jusqu’à ce qu’elle me rattrape et de repartir avec elle. C’est ce que nous faisons, et je crois pouvoir dire que cela lui a fait le plus grand bien, tout comme à moi. Nous tournerons ensemble une bonne heure, enfin, ensemble, pas tout à fait car un juge fédéral au bout de deux tours me demande de passer derrière et non pas de rester à côté ; ce que je fais immédiatement. Au bout d’une heure, le juge change d’avis ! Même derrière à quelques mètres, ce qui lui convenait il y a une heure ne lui convient plus. Il menace de la disqualifier. Je m’arrête donc à sa hauteur et nous entamons (le juge et moi) une conversation…….. qui ne mène à rien…  Je m’engage à ne plus courir avec Anne Cécile, ni devant, ni derrière. Je repars et en informe le staff Français qui me dit de ne pas trop m’en inquiéter. Finalement Anne Cécile et moi ne courons plus jamais ensemble, pas même dans la dernière minute de course ; seulement les 20 dernières secondes grâce à Fabien qui me répète que j’en ai le droit.

Au petit matin, une deuxième et dernière pause assise de quelques minutes à mon ravito perso car j’étais à court de carburant ; je m’empresse de me préparer de nouvelles petites bouteilles de boisson énergétique, histoire de ne pas tomber en panne….

Je commence à m’occuper des classements vers la 20ème heure. Anne Cécile est alors deuxième au scratch et Championne du Monde provisoire. Pour ma part, je suis sur le point d’atteindre la barre des 200 avant la fin de la 21ème heure (comme à Aulnat) et je me dis que c’est déjà pas si mal.

Je gèrerai les quatre dernières heures de course au mieux, heureux et complètement bouleversé à l’idée qu’Anne Cécile pouvait aller chercher le titre. J’en pleurerai dans les bras de Phil à 1h 30 de la fin de la course tant elle était en passe de réussir un exploit. Les coachs et Phil m’ont fait savoir qu’elle était en passe de battre le record du monde sur ce revêtement… Hélas, je n’ai pu l’aider dans cette tentative, même dans les dernières minutes ; la réprimande du juge pendant la nuit m’avait enlevé toute velléité de l’aider d’une manière que ce soit.

Jean Pierre était aux anges et demandait au speaker « de mettre le feu » ; le public, les bénévoles étaient grandioses. Derniers tours pour moi après avoir fait un tour « au taquet », je rattrape Anne Cécile, il reste dix minutes… Je ma cale à une vingtaine de mètres derrière elle, et je savoure ces instants ; ils sont magiques, merveilleux, plein d’amour pour ma belle, nos enfants, nos familles.

Dimanche 3 mai, 10h.

C’est fini, nous posons nos marques par terre ; c’est l’attroupement autour d’Anne Cécile.
"Mon Amour, tu es Championne du Monde!" Les larmes me seront souvent montées aux yeux. Ce sont des instants uniques; mes pensées sont pour mes proches.
Fabien est avec nous,  Jef est là, Jean Michel également… Merci Jean François, tu y es pour quelque chose ! Merci Bernard, Philippe, Fred, Jean Michel, Marilyne, Jean Pierre et vous tous qui étiez là autour du circuit...Vous avez tous une part dans son succès.


Ensuite arriveront les nombreuses et interminables sollicitations...
Pour la suite, ce serait trop long à raconter, alors juste pour finir ce récit, sachez que dès le lendemain matin, après avoir roulé toute la nuit pour rentrer chez nous, Anne Cécile retrouvait ses patients et je retrouvai mes élèves... C'est aussi cela les 24 heures.











Merci à nos familles, nos amis et à tous ceux qui auront pris du plaisir à lire ce récit.

Emmanuel

samedi 14 avril 2007

Récit d'un échec (24h de Saint Fons 2007)

Lansargues, le 14 avril 2007.

J’écris ce CR pendant que d’autres courent à Belvès. Une petite pensée pour eux….

Un ami m’a demandé si ça fonce à St Fons ?

Pour sur, et droit dans le mur même en ce qui me concerne!

Le bilan est très mitigé ; sur le plan sportif, ce n’est pas une réussite ; en revanche,  j’ai poursuivi mon apprentissage autour d’une épreuve aussi exigeante que celle que représente les 24h. J’en retiendrai quelques leçons... et tâcherai en élève plutôt studieux de ne pas les oublier à l’avenir.

Mais avant d’écrire mon récit de course, il est très important pour moi de m’excuser auprès de certains coureurs et suiveurs,  remercier Patrice, Dominique, Alain et Christine et féliciter les coureurs présents ce jour là à St Fons.

Je commence par Patrice. Merci Pat pour ton aide incommensurable ; tu m’avais mis dans des conditions idéales pour réussir mais je n’ai su faire honneur à ta précieuse aide ; alors à la fois mille excuses et mille mercis. J’espère qu’un jour je pourrai te rendre la pareille…et j’espère surtout que nous aurons l’occasion de tourner ensemble sur un circuit une fois que tu auras retrouvé toutes tes capacités à enchaîner km après km.

Des excuses pour Guy également qui a partagé avec moi une terrible désillusion. Je n’ai pas osé te réveiller à 6h du mat dans le gymnase tant tu paraissais bien te reposer. Tu aurais pu faire quelques km de plus, mais je pense que tu partages avec moi le fait que ce n’était pas bien important à ce moment là de la course.

Des excuses ensuite aux copains UFO de Steph Halbaut qui sont venus me saluer avant la course et que je n’ai pas suffisamment encouragés faute de na pas bien les connaître. Désolé messieurs !

Remerciements ensuite à Dominique, notre Marmotton, qui s’en est allé prendre une coupe de champagne ou autre boisson euphorisante accompagnée de gâteaux apéro, avec Gérard C au cœur d’un arbre, à l’abri des regards ou presque. Vous avez du y passer un bon moment et vous avez bien fait!!! Merci pour toutes ces photos et l’aide que tu as apporté à chacun d’entre nous.

Remerciements et félicitations à Alain et Christine, pour toute leur organisation, leur dévouement pour permettre à leur épreuve de subsister… Merci et chapeau bas ! Vous le méritez amplement… Même sans label !

Merci à Anne Cécile qui s’est levé aux aurores pour venir me rejoindre avec nos filles sur le circuit et qui m’a accompagné une heure et demie jusqu’au coup de pistolet final… Merci de t’être « sacrifiée » pour me permettre de participer à une épreuve à laquelle tu aurais probablement pu prétendre à un podium. MERCI ! Promis, la prochaine fois, c’est ton tour !

Félicitations à Josianne ; tu as rempli ton contrat ou presque (put… d’ampoule !!!). Bravo pour ta 2ème place, ton kilométrage et tes nombreux sourires.


Félicitations aux deux Philippe WAREMBOURG et LECLERC respectivement premier et second du classement ; j’avais la chance de vous connaître tous les deux. Vous avez quelque chose qui me fait défaut pour l’instant sur ce type d’épreuve ; un mental fort ! Je suis très heureux que ce soit vous qui ayez gagné votre place sur le podium. Comme vous avez su le dire à la remise des prix, il s’agissait là de votre premier podium dans votre « carrière » de coureur, mais vous pouvez en être fiers. Vous la méritez amplement, tout comme le troisième de l’épreuve (un des copains de Stéphane Halbaut).

Félicitations à Willy, notre marcheur belge qui termine quatrième, toujours en marchant. C’est très fort !

Félicitations à tous ceux qui étaient présents ce jour là sur le circuit et autour du circuit ; 24h, c’est court et long à la fois suivant ce que l’on fait. Merci à vous tous avec lesquels j’ai eu la CHANCE DE COURIR et de partager tout ça.

La course idéale telle que je l’avais programmée dans ma tête pour passer le cap des 200km était la suivante : 9km/h de moyenne pendant les 12 premières heures et 8 km/h pendant les 12 dernières.

Parti à 10 km/h de moyenne, je respecte scrupuleusement cette vitesse pendant 100km.

Première leçon : te laisse pas griser par la course, respecter le plan de vol. Erreur fatale ! 9km/h de moyenne, ce n’est pas 10…Grossière erreur de débutant ! A quoi ça sert que Bruno HEUBI se décarcasse !!!

L’après-midi, la température est voisine de 25°C à l’ombre, le soleil tape fort, si bien que j’aurai des coups de soleil sur les épaules. Pour ce qui est du ravitaillement, j’ai pas grand chose à faire, Patrice B, mon suiveur et chronométreur pour l’occasion s’occupe de tout; je bois régulièrement tous les deux tours (1,020 km/tour). Je bois réellement mon litre par heure comme prévu,  avec en alternance, boisson énergétique, un peu de coca et de St Yorre. Je mange scrupuleusement ma barre d’amande à 2h30, 5h30, 8h30 … Je vais également chaque heure arroser un des peupliers qui jalonne un des côtés du circuit. Le circuit est très plat ; il y a juste le petit vent qui rafraîchit tant bien que mal ce qu’il faut tant il fait chaud. Avec la chaleur, je trempe ma casquette très régulièrement dans des bassines d’eau mises à notre disposition. Bref, tout est fait pour que tout baigne !!! Certes, le circuit est rendu exigeant par les nombreux virages parfois serrés (11 au total dont une épingle), mais il permet de croiser les autres coureurs régulièrement et de s’encourager mutuellement. Je fais un sourire systématique à Josianne car elle m’avait chambré la veille à la Pasta… J’encourage Guy, les deux Philippe, Fred, Fabien, Gilbert, Willy, Daniel et Sylvie, Jean Pierre, Gérard et bien d’autres par un sourire, un signe, un mot… Je regrette de ne pouvoir encourager individuellement tout les coureurs faute de ne pas les connaître suffisamment. Il ne devrait y avoir que des débardeurs ADDM avec le prénom inscrit dans le dos et des dossards avec le prénom ou surnom ; ça aiderait vraiment à mettre un prénom sur un visage. Désolé Marc ou Roger du forum, je ne sais toujours pas qui vous êtes…

Nous ne connaissons pas notre classement en course faute de panneau d’affichage en état de fonctionnement, mais ce n’est pas grave. C’est Willy RIGAUX qui m’apprend que je suis second après 7h30 de course soit 75km parcourus. A la dixième heure, je passe en tête, là, c’est Philippe LECLERC (le 4ème d’Aulnat) qui me le fait savoir. Je suis heureux à ce moment là de la course ; je pense à mon ami Stéphane HALBAUT qui avait vécu la même expérience à Aulnat, mais j’ai des doutes sur le classement car le premier (Fred GENTA 214km en 2007) avant que je prenne la tête de course était parti 1 km/h plus rapide sur les 5 premières heures…  Philippe me fait passer un petit carnet sur lequel son neveu (suiveur en l’occurrence) note les classements à chaque heure. Mais si je prends la première place au bout de 100 km, je sais que mes poursuivants directs  les deux Philippe W et L sont à moins d’un ou deux tours.

Deuxième leçon : quand tu pars pour 24h, tu ne dois te soucier du classement ; c’est avant tout ta course que tu dois gérer, pas te préoccuper de celle des autres coureurs.

Dominique P, une référence en la matière sur 24h, qui courait du côté de Montigny en Gohelle pour les CdF au même moment écrira dans son CR,  « sur 24h, ce n’est pas toi qui gagne la course, ce sont les autres coureurs qui la perdent… ». Sur ce coup, j’ai fait partie des autres.

Hélas, je ne serai pas franchement performant au delà des 100 premiers kilomètres. Peu de temps après les 11h20 de course, une petite douleur s’installe au niveau du tendon d’achille droit ; j’avais déjà connu ce type d’inflammation du tendon à Plouvorn l’été dernier, mais après 20h de course… alors je décide en accord avec Patrice de faire poser un strap. Je profite de cet arrêt pour me changer intégralement et je repars tant bien que mal, plutôt mal que bien d’ailleurs! Certes, mon tendon me gêne, mais ce n’est pas la cause majeure de ce qui suivra ; ce n’est en aucune façon une excuse pour moi. La vraie raison, elle est dans ce qui suit :  je conserve la tête de course je crois, mais je perds dans ma tête à ce moment là… Je me dis que je ne suis pas assez fort mentalement pour tenir un rythme digne de ce nom encore douze heures durant. La tête flanche, les jambes me lâchent. Je poursuis mon effort au delà de la quinzième heure de course, mais je n’avance plus. Je me fais violence pour tenir une moyenne comprise entre 5 et 6 km/h. Plus possible d’atteindre l’objectif des 200km…A la vitesse à laquelle je me traîne, il me faudrait entre 10 et 12h pour parcourir 60km ; il en reste un peu moins de 9... Patrice m’incite à faire un tour supplémentaire, je m’exécute et le fait en 8’43 (sursaut d’orgueil) mais je pars me reposer ensuite. Passage au massage, puis repos au dortoir; je suis impressionné par le nombre de coureurs présents à se reposer sur les matelas… Il est un peu plus d’une heure du mat. Guy me rejoindra un peu plus tard sur un matelas voisin. J’ai un peu froid et claque des dents quelques minutes, mais je sais que ce n’est pas de la fièvre.

Je me lèverai juste après six heures, il ne fait pas encore jour ; je n’ose pas réveiller Guy qui dort paisiblement. Je croise Josianne qui boitille un peu en raison d’une ampoule « mal soignée ». En sortant de la salle, je retrouve Patrice dans le hall d’entrée assis sur une chaise, il ne va pas fort non plus ; ce doit être vraiment difficile pour un suiveur sur 24h ; il me rassure en me disant qu’il a juste pris un peu froid. Je décide de repartir en marchant, et plus si possible. Il est 6h03. Le classement à la 20ème  heure de course vient d’être affiché; les deux Phil sont toujours un et deux, j’en suis sincèrement heureux pour eux. Je suis 13ème avec seulement 140,8km. Et là, après quelques mètres de marche, je me rend compte que je peux trottiner assez facilement, alors pourquoi s’en priver ! C’est reparti donc entre 7 et 8km/h ; je décide donc de ne plus marcher, la douleur au tendon avec des pointes dans le mollet persiste et m’empêche d’aller plus vite, mais est-ce bien important ? Je croise à nouveau les coureurs présents mais faut dire qu’à ce moment là, il doit y en avoir au moins autant dans le gymnase que sur le circuit. Je fais quelques tours avec Philippe W et son épouse qui même si il « souffre », ne lâche rien. Je demande à Dominique de faire une photo de ce moment où je me sens privilégié. A défaut d’avoir échoué dans ma tentative des 200km, j’aurai au moins la satisfaction d’avoir un peu aidé les copains. 22ème heure, j’ai repris deux place je crois. Je me dis que ce serait bien de chercher à rentrer dans les dix (c’est con, je sais… mais c’est un peu l’esprit compèt qui m’a toujours animé depuis ma plus jeune enfance lorsque j’étais encore un judoka capable d’aller à la « baston »…. Dieu que c’est loin tout ça…).

8h30 du matin ; je retrouve Anne Cécile, Salomé et Maïlys sur le circuit. Quelle bonne nouvelle !!! C’était pas prévu !!! Anne Cécile ne sait pas à ce moment là que j’ai craqué car elle me pensait toujours en tête avec les infos transmises par Dominique et Patrice au téléphone la veille au soir. Elle me demande si elle peut m’accompagner et je réponds par l’affirmative. Quelques hectomètres en tenue de ville ; pas terrible pour courir, je lui propose donc d’aller se changer et de finir avec moi. Affichage des résultats à la 23ème heure ; je suis dixième… C’est pas si mal !!! On se contente comme on peut n’est-ce pas !

Mais comme je suis bien, je continue ; depuis deux heures, ma vitesse moyenne horaire augmente sensiblement. Il y en a beaucoup qui marchent. Je n’ai aucune idée de mon kilométrage avec précision à ce moment là. Je profite de cette dernière heure pour saluer, encourager et remercier toutes les personnes présentes. Je fais mon dernier tour comme une balle ; sans aucun doute le plus rapide de tous les tours (moins de 5 minutes). Je croise le regard de Patrice au passage de la ligne qui me fait signe de continuer ; le pistolet vient juste de claquer une première fois. De ce fait, je rajoute 200m au compteur avant le coup de pistolet final.

Je m’assois sur le côté du trottoir en attendant le passage de l’officiel. Le soleil brille à nouveau, il fait bon au soleil. Anne Cécile et mes enfants sont là ; mes copains et copines ont gagné, chacun à leur niveau. Première satisfaction, je suis moins atteint physiquement qu’à Plouvorn ; là au moins, je peux me déplacer. Deuxième satisfaction, elle viendra un peu plus tard à la remise des prix ; je découvre que je termine premier senior et 6ème au général avec un kilométrage proche des 174,5 km.

Troisième et dernière leçon du jour : pas terrible de faire 74,5 km en 14h….après en avoir parcouru 100 en 10h.  La régularité, y’a que ça de vrai !!! Vous conviendrez qu’il me reste beaucoup à apprendre dans ce domaine sur 24h. Je pense que c’est un des secrets de la réussite… Je tâcherai de m’en souvenir pour ma prochaine tentative.

A+ Emmanuel

PS : à l’heure où je boucle ce CR, le vainqueur de Belvès et ses poursuivants directs ont probablement franchi la ligne. Encore une petite pensée pour ce petit monde de la course ADDM.

dimanche 1 avril 2007

100km de Saint Nazaire les Eymes (2007)

Nouveau record de mon jardin et nouveau podium pour sa reine.

Tout a « RE »commencé il y a un an et demi. Bruno Heubi fait appel à Anne Cécile pour un rôle de meneur d’allure aux 100km de Millau version 2005… vous vous rappelez, celle là même qui a vu la victoire d’un très « grand (Bon)Homme ». J’écris « grand », je devrais plutôt dire « généreux »  pour toutes les raisons que vous trouverez au fil de cette lecture.

Ce jour là, les fesses sur mon vélo , prêt à suivre Anne Cécile sur la deuxième boucle, j’encourage sans le connaître vraiment  Bruno, une première fois vers le passage au Marathon, puis plus tard vers St Rome de Cernon, lorsqu’il rentrait en tête sur Millau alors que nous allions affronter LA difficulté du parcours… Souvenirs, souvenirs, mais Dieu que c’est bon !!

Bref, Bruno gagne, passe le lendemain soir sur Stade 2 ainsi qu’Anne Cécile, et je peux dire qu’à ce moment là, je découvre quelque chose qui me paraissait jusqu’alors impossible. « Courir, c’est que du plaisir, même sur 100km, il faut bien se connaître, bien se gérer » des mots simples qui sortent de la bouche de Bruno, pendant qu’il court entre 14 et 15km/h…

Tout ce préambule pour vous dire à quel point ces mots ont été forts de sens pour moi.

Et bien puisque c’est possible de courir 100km sans souffrir, alors pourquoi pas pour moi ?

Je me remets à l’entraînement, mais pas comme un forcené car je n’en ai ni le temps, ni vraiment l’envie. En revanche je me documente sur le site, je découvre le forum, je commence à regarder le calendrier des courses….

Un mois après, je prends le départ des 100km de St Estève (version 2005) que je décide de faire en compagnie d’Anne Cécile ; nous (Stéphane Halbaut, Anne Cécile et moi) mettrons 9h29 (nouveau record perso pour eux deux) le mien est vieux de 14 ans…Deuxième place pour Anne Cécile au classement féminin….Du plaisir, ce jour là, j’en ai eu, mais pas 100km, seulement 70… après, c’était à l’arrache… mais tout de même, j’étais à nouveau conquis par la distance et aussi et surtout par ces coureurs qui n’ont rien de commun (Je fais entre autre la connaissance de Marcel M, Régis V, Vincent T, Vincent G, Christophe A, Stéphane M, JeanMarc D…). Je fais un CR qui sera mis à l’honneur sur le site de Bruno… Quel honneur vous me faites Monsieur !!! Je ne suis pas peu fier à ce moment là….

Ensuite vient l’hiver et une préparation difficile pour St Nazaire (version 2006) en raison notamment d’une coqueluche décelée bien trop tardivement, mais qui ne m’a pourtant pas empêchée de maintenir mon rythme de 3 entraînements par semaine, parfois 4… Et là, après une première partie de course trop rondement menée sous un froid glacial accompagné de Stéphane Halbaut sur le vélo qui à la fois gérait mon assistance et celle d’Anne Cécile (bravo pour cette perf  Steph car c’en est une), 4h12 au 50è km en compagnie de Vincent G, 5h58 au 70è km, je m’écroule à nouveau et mets plus de 3h10 pour boucler les 30 derniers. Bref, 9h08 à l’arrivée. Pas si mal diraient certains en terme de chrono, mais en terme de gestion, c’est pas génial ; PEUT MIEUX FAIRE…. Anne Cécile arrivera peu de temps après moi et finira deuxième au classement féminin.

Je raconte tout cela dans mon CR St Nazaire 2006 où j’affiche ma déception de n’avoir pas su bien gérer. Vincent G écrira les mots suivants : « On était parti pour faire un Hold Up, on a juste cassé la tirelire… »

Bruno lui m’écrira que ce sera pour une prochaine fois ; « faire les 50 premiers à la ballade » comme il dit. Il est peut être là le secret…

Mais une chose est sure et ce n’est plus un secret, St Nazaire, c’est à faire. Je n’avais jusqu’à ce jour connu un tel climat de convivialité autour d’une course, que ce soit avant, pendant ou après. Merci à Michel QUESTE et à toute son équipe de m’avoir fait connaître cela. Je découvre à cette occasion de nouveaux membres du forum que je qualifierai d’ACTIFS en chair et en os (Dominique D, Noël B, Patrice B, Philippe W….) et je n’ai que du plaisir à partager avec eux.

Je me remets à l’ouvrage un mois plus tard à Belvès (Version 2006), vous vous rappelez, celle là où les gens qui n’ont pas de licence partent derrière les autres…Pour la convivialité, disons sans aucun esprit critique que nous n’avons pas la même conception des choses. J’ai un suiveur en la personne de Stéphane Houbre cette fois, et je suis bien décidé à passer sous le cap des 9h… C’était sans connaître les spécificités du parcours Périgourdin… 9h22 à l’arrivée, et encore une deuxième place chez les Séniors cette fois pour Anne Cécile.

« Mais dis moi mon Amour, c’est pas toi la Poulidor du 100km ???  Trois 100km et trois deuxième place… C’est quand tu veux !? »

Point très positif de Belvès, je revois Jean Marc Bellocq ; si, si, le vrai ; celui là même qui quinze année auparavant a couru Millau en 6h28, même que j’y étais ce jour là…Là aussi, un Grand Monsieur…

Suivront mon premier essai sur 24h en Bretagne à Plouvorn en août 2006 où je deviens circadien (j’aime bien ce mot) ainsi qu’un demi tour du Mon Blanc quelques jours plus tard.

Un mois plus tard, c’est le rendez-vous annuel du pèlerinage du 100 bornes ; Millau (version 2006). Bruno fait de nouveau appel à Anne Cécile pour mener l’allure des 10h avec Steph et Vincent. Pour ma part, je ne me sais pas en état d’améliorer le record de mon jardin à 8h53 sur ce parcours. J’établis un planning qui me ferait terminer l’épreuve en 9h16 version papier. Mon frère aîné (ex-centbornard) accepte de jouer un rôle de suiveur ; je dissèque séquence par séquence le DVD de Millau 2005 et j’y apprends encore bien des choses et notamment en terme de ravitaillement (point particulier que je tenterai de mettre en pratique quelques jours plus tard sur le parcours Millavois et qui s’avèrera plus que positif). Côté course, sous un déluge, ce sera un temps de 9h21 à seulement 5 minutes de la version papier. Mais le plus important à retenir en ce qui me concerne de cette édition côté course, c’est la maîtrise de mon sujet ; j’y suis presque :  « Courir, c’est que du plaisir, même sur 100km » J’ai géré, bien géré, et pour une fois, je n’ai pas subi les derniers km, je les ai couru, tout simplement, sans faillir.

L’important, côté cœur, ce sont les encouragements de tous les autres forumistes présents et notamment ceux de Bruno à mon égard alors qu’il était dans le dur à ce moment de la course où nous nous sommes croisés ; j’entamais la descente sur St Af, il accédait au sommet de Tiergues…Les lignes qui suivent sont pour toi Bruno. « J’aurais aimé te voir gagner comme beaucoup d’autres ce jour là, mais si tu n’as pas gagné côté course, tu as conquis les sommets de notre estime pour ta générosité et ton don de soi  car tu nous as tous encouragé à chaque croisement, nous coureurs lambda des pelotons… »

Autres morceaux choisis de ce rendez-vous annuel, le barbecue à l’initiative de Dominique avec tous les forumistes présents, le DVD qui suivra version Daniel, et la quatrième place d’Anne Cécile…

« Tiens, tu n’es pas sur le podium cette fois !!! » Qu’à cela ne tienne, Anne Cécile gagnera les 24h d’Aulnat quelques semaines plus tard. Course à laquelle j’ai également participé mais à laquelle j’ai également abandonné prématurément. Course qui m’aura permis de renouer le contact avec une personne chère à mon cœur qui m’aura coaché avec beaucoup de passion et course qui en plus de la victoire d’Anne Cécile chez les filles verra la victoire de Stéphane Halbaut chez les garçons. Merci à Steph D de l’avoir si bien organisée pour une première. 

Puis viendra la préparation de ce rendez-vous que je n’aurais pas vraiment souhaité manquer ; les 100km de St Nazaire les Eymes (version 2007).

Ca commence avec la nécessité de perdre les kg superflus des festivités de Noël. Pour cela, rien de tel que d’aligner des bornes… Au fait pas de coqueluche ni même de bronchite cet hiver, ça facilite tout de même la tâche… Janvier, Février…ouf !!! car je commence à saturer de m’astreindre à l’entraînement, même si ce n’est pas le bagne non plus (entre 3 et 5 sorties maxi par semaine). Quoi qu’il en soit, si ça ne passe pas ce coup là sous les 9h, alors c’est que je n’en suis plus capable… et qu’il me faudra y renoncer.

Le test des 6h Off « grandioses » de Chambéry est satisfaisant ; la sortie longue marathon à l’entraînement avec Vincent G l’est tout autant ; les kg superflus ont disparu. Bref, les voyants sont au vert.

Y’a plus qu’à !!! Je le sens bien ! J’ai l’air , mais il me faut encore trouver la chanson.

Y’a plus qu’à….. faire le trajet vers Grenoble avec Vincent.

Y’a plus qu’à retrouver Michel et son équipe, retrouver les copains, les amis autour d’une mousse. (Je sais je n’en ai pas bu le vendredi…)

Y’a plus qu’à retrouver Anne Cécile qui rentre du ski avec nos filles et sa maman.

Retrouver Stéphane et Christian, nos suiveurs dévoués qui arriveront en fin de Pasta.

Y’a plus qu’à rejoindre l’hôtel ; tenter d’y faire une bonne nuit.

Y’a plus qu’à se lever de bonne heure, se doucher, enfiler ses fringues de CàP, ses chaussures, déjeuner un peu.

Y’a plus qu’à garer les voitures à un endroit stratégique du parcours.

Y’a plu qu’à se présenter sur la ligne de départ.

Là je guette Bruno sur qui je compte pour remonter le moral d’Anne Cécile qui n’était pas même sure de prendre le départ pour diverses raisons personnelles que je m’interdirais d’exprimer ici. Je la sais capable d’un potentiel suffisant pour gagner l’épreuve ou en tout cas pour jouer la gagne avec les favorites du jour. Bruno aussi me semble bien motivé pour cela.

Le départ est donné ; j’enclenche le CFM. C’est parti… Y’a plus qu’à !!! Météo satisfaisante, bien moins frais que l’année précédente, je vais rapidement courir en débardeur ADDM.

Passage aux 4km en 19’47 ; c’est plus vite que prévu mais au bénéfice de la descente. Descente pendant laquelle je fais la connaissance de Sébastien qui était aux 6hOFF. On tchatche un peu…

Ensuite, je prends ce rythme de 5’05 à 5’10 au km. Initialement, je voulais faire 5’15 mais pas moyen ; ça ne le fait pas. Toujours au même rythme ; je suis un peu soucieux car le palpitant bat un peu vite en fréquence… Et devant, c’est parti très vite, mais tant pis, ce n’est pas mon allure, alors je reste à ma place.

Premier croisement et  premiers encouragements ; Bruno avec ses garçons, Manu, Yves, Rolland, Pascal, Denis, Vincent, Anne Cécile, Philippe, Momo, Rudy, Jean Louis, Daniel, Gilbert…et bien d’autres encore.

Je retrouve Patricia H sur le bord du parcours à un endroit tout aussi stratégique ; elle semble relever les temps de passage des premiers et organise le ravitaillement. Je termine ensuite mon premier aller-retour après une pause pipi au pied de l’arbre km11 dans la bonne humeur avec mon suiveur ; très facile à ce moment de la course comme tant d’autres coureurs. On se filme, on rigole…

Deuxième tour, tout aussi facile, je conserve le rythme, j’observe les écarts entre les premiers et j’encourage à tout va. Simon et Quentin se joignent à leur père pour me donner du courage également, Pascal nous croise toujours avec le MP3 sur les oreilles et le sourie aux lèvres, tout comme Yves… Vincent est dans son tempo, Denis également, Rudy et Momo sont ensemble…un peu plus loin , c’est Jean Louis et sa charmante suiveuse… 25 bornes sont passées, c’est toujours aussi paisible. Je fais une nouvelle pause pipi au pied de l’arbre du km 11 (il aura encore droit à trois arrosages de ma part ce jour là) j’espère qu’il n’en crèvera pas !

Troisième tour ; vers le milieu du parcours aller, je vois Rolland qui marche ; mes encouragements à repartir et une petite tape amicale sur l’épaule n’y feront rien. Il bouclera se tour et jettera l’éponge. Km34, nous faisons un pointage avec mon suiveur ; nous sommes en 36ème position… Km37, je croise le regard d’Anne Cécile, elle a pris la tête de la course depuis quelques km et pourtant, des larmes lui montent aux yeux, et de la voir comme cela, d’autres larmes ne tardent pas à submerger les miens. Malgré cela, mon rythme reste identique, égal à lui même. Vincent me chambre sur mon allure qui ne correspond pas aux prévisions. Pointage fait après 3h de course, je n’ai que l’équivalent de 700m d’avance… A chaque retour, je mets 30 secondes de plus qu’à l’aller, normal, c’est la pause pipi du km 11.

Quatrième tour ; passage au marathon et je ne sais pourquoi, mais l’officiel est là et m’annonce très officiellement mon temps : 3h35 et quelques brouettes. La morphologie de la course est en constant changement en tête de course. Bruno est en troisième position à ce moment là, Albert le marque à la culotte ; devant, le hollandais semble marquer au niveau du visage… mais cela ne veut rien dire. Je me régale de les observer, et j’aspire à voir Bruno prendre la tête d’ici peu, mais l’écart reste relativement conséquent. Je l’encourage pour le motiver davantage si besoin était, mais il est suffisamment « pro » pour savoir ce qu’il a à faire. Peu de temps avant le passage sous le pont, je retrouve mes filles et belle maman  ainsi que mes parents sur le bord du tracé. Mon père a les yeux rougis par l’émotion de me voir là ; c’est tout de même un peu grâce à lui si j’en suis là, car  c’est lui qui m’avait autorisé en 1985 alors que je n’avais pas encore dix-huit ans à prendre le départ de Millau pour mes débuts en CàP ( je ne me rappelle pas qui avait gagné cette année là, mais je me rappelle qu’arrivé après plus de 13h d’efforts à St Afrique, je ne pouvais plus mettre un pied devant l’autre…. J’vous dis pas au lycée le surlendemain, je me suis fait chambrer par mes copains !!!) Souvenirs, souvenirs, mais revenons à St Nazaire 2006.

Peu après le pont, je prends des nouvelles de Bruno auprès de Patricia ; elle me dit qu’il va bien. Et c’est tant mieux !!! Pour ma part, je franchis la mi course en 4h15 et encore quelques secondes. Voilà, c’est fait ; à présent, je peux entamer un décompte…

Cinquième tour ; je demande à Stéphane de me filer le MP3 ; ça m’aidera un peu pour ne pas me lasser. Je sais qu’à la fin du demi tour, il ne restera qu’un marathon à courir. Je constate que c’est l’hécatombe devant ; difficile de faire un pointage au classement, mais grosso modo, je sais que mon allure, si j’arrive à la maintenir, me permettra de bien y figurer.

Albert a passé Bruno dans ce tour je crois, mais je ne peux l’affirmer. Diégo, l’Italien est toujours devant et a accru son avance. Bruno et ses garçons continuent à m’encourager et réciproquement ; j’imagine Denis facile pour faire moins de 9h ; Pascal, toujours seul remonte lui aussi au classement, il gère d’une main de maître… Rudy m’impressionne par sa régularité. Vincent est toujours dans le coup ! Sa table de 5 est sue…. Anne Cécile toujours en tête me dit qu’elle arrête à l’issue de ce tour. Comment est-ce possible ? Christian , son suiveur la motivera tout comme vous autres qui la connaissez ; je reste persuadé que c’est aussi grâce à vous si elle est allée au bout finalement.

PS : j’ai cesser de pisser au pied de mon arbre km11…

Sixième tour ; fait marquant : je vois Maïlys, une de mes jumelles, en larmes parcequ’elle a perdu sa première étoile dans l’herbe…Elle est décomposée ! Je lui dis quelques mots pour la réconforter, mais qu’elle était malheureuse ! Finalement, le trophée du ski sera retrouvé à proximité de la voiture et pour la petite histoire, perdu à nouveau dans la cour de l’école dès lundi et retrouver à nouveau le lendemain… Les enfants, que du bonheur !!!

On approche de la fin, l’Italien me prend un tour peu de temps avant le demi tour justement. Je l’envie ; il n’a plus que 18 bornes à parcourir, il m’en reste 30… Le tempo est toujours régulier mais la fatigue se fait sentir ; je continue à boire tous les 2km comme depuis le matin 7h. Lorsque je passe devant Patricia, mon visage est moins rayonnant. Pourtant, je sens à ce moment là que ça va le faire car je ne m’écroule pas comme l’année précédente à ce même stade de la course et ce sentiment de vaincre cette barrière psychologique me met du baume au cœur pour la suite. Je touche deux mots à Stéphane de ce sentiment ; il continue à m’aider par ses mots mais aussi à faire en sorte que je n’oublie pas le ravito.

Anne Cécile quant à elle est sur le point de se faire reprendre par Emilienne R, qui selon moi, a parfaitement gérer sa course et n’a montré le bout de son nez que sur la fin. Chantal H deuxième à ce moment là reste à quelques encablures d’Anne Cécile. Je crois me souvenir que Denis perd pied également à ce moment de la course mais les 9h restent envisageables.

Septième tour : Albert est sur-motivé pour reprendre l’Italien ; quelqu’un lui indique qu’il lui reprend 20 secondes au kilo…et ce qui était pressenti par Bruno notamment arrive. A moins de 8km de l’arrivée, Albert dépose le transalpin sur place !!! Que ce doit être dur pour l’un et exaltant pour l’autre… Bruno est décroché, mais sa troisième place est assurée. Nous nous tapons dans la main car pour lui s’en est fini une fois la ligne franchie. Pour ma part, je me trouve à moins de 18 km de l’arrivée ; ce n’est pas encore gagné, mais c’est tout comme.

Ce qui me frustre à ce moment là, c’est de ne pas avoir la liberté de tout lâcher… Non, il faut continuer à gérer car une défaillance est si vite arrivée. Hélas pour lui, c’est Vincent qui en fait les frais ; crampes !!! j’hurle à mon suiveur de lui filer de la St Yorre et l’incite à bien refaire le plein avant de repartir… dur dur Vincent, je compatis ! En fait j’apprendrai après course qu’il n’y avait pas que les crampes, madame Hypo était là aussi… Au fait, tu n’as pas été le seul à « tomber » ; je reprends Diégo, l’Italien, qui alterne marche et course à moins de trois km de l’arrivée… Cinq de plus et Bruno terminait second !

Huitième et dernier tour :  je vois que je peux faire non loin de 8h32 à l’entame de ce dernier tour si je ne faiblis que très légèrement. Mais je refuse de m’emballer, il reste encore 12 km puis 11, 10, 9, 8, 7, 6, le demi tour et on rentre. Je profite de ces derniers km, « je les savoure » car après, il n’y en a plus. Je tape dans la main de certains au risque de me faire une entorse (n’est-ce pas Rudy ! J’ai surpris ta suiveuse…), j’encourage tous ceux que je croise car pour moi la délivrance approche. On décide avec mon suiveur de n’enclencher la seconde (tout le monde sait qu’en course ADDM, on roule en première) qu’après le passage du km 9 sur la boucle, soit 3 km de l’arrivée… Je finis au taquet ! dernier 6 en moins de 30 minutes. J’ai, et c’est une première pour moi, la joie de passer la ligne avec mes filles mains dans les mains. Ce bonheur là, ça n’a pas de prix !!! Michel vient me féliciter instantanément. Je suis aux anges, non pas pour le chrono final, mais pour cette gestion de course maîtrisée.

4h15 + 4h15 = 8h30 et quelques brouettes de secondes. Merci Bruno, car ce résultat là, c’est à toi que je le dois. Certes ce sont mes jambes qui ont couru, mais sans ton expérience et ton partage de la connaissance du 100km, je ne l’aurai probablement jamais fait.

Merci à mon suiveur Stéphane sans qui pour moi ce résultat final est irréalisable.

Merci à mes parents qui à la fois très émus, étaient particulièrement fiers de leur fils.

Merci à Mamylène pour nous avoir permis de faire cette course en assurant la garde de nos filles  sur le parcours.

Merci à vous tous qui m’avez encouragé pendant toute l’épreuve ; mention spéciale à Simon et Quentin.

Merci à Anne Cécile et à son suiveur qui finiront troisième en 9h47. Pour quelqu’un qui ne voulait pas même prendre le départ… je reste une nouvelle fois admiratif et très fier de toi.

Pour le reste, la fin de la journée plus précisément, vous savez comment c’était car si vous avez eu le courage de me lire jusque là, c’est que fort probablement, vous y étiez aussi.

Bref , la soirée, c’était comme « courir un 100km, c’est que du plaisir ».

A+ Emmanuel




jeudi 15 février 2007

6h off de Chambery

C’était il y a une semaine…

A cette heure-ci ; Anne Cécile et moi avions laissé nos trois enfants chez leurs Grands Parents ;nous avons ensuite pris la direction de Chambéry. 3h15 plus tard, arrivée à l’hôtel F1 Chambéry Nord. Un petit moment de repos et direction Pizzeria Pépone (à moins de 500m de l’hôtel) où nous nous retrouvons nombreux, et notamment beaucoup de coureurs avertis du forum.

Cette soirée fut (sans accent circonflexe pour Vincent) très agréable, et je me dis à ce moment là, c’est incroyable que notre Marmotton soit capable de générer tout ce monde qui vient d’un bout à l’autre de la France pour une course non officielle… Déjà, Bravo Dominique pour cette performance.

Je retrouve d’anciennes connaissances (Vincent, Bernard, Sandrine, Domi, Cédric, Noël, Jean-Louis,   Rudy…)rencontrées soit au camping de Millau un lendemain de course mémorable, soit à la Saintélyon, soit à Aulnat et apprends à mettre un visage sur d’autres pseudos jusqu’alors inconnus.

Bref, on passe une bonne soirée et je me « gave » pizza + pâtes mais privé de dessert !!! On se couche, il est presque minuit… Et je réfléchis à cette vanne que je n’ai à ce jour toujours pas comprise (faute d’une écoute attentive de ma part, faut dire que j’étais en grande discussion avec un gars du Ch’nord…) mais grosso modo, cela finissait comme ça : « Hein !!! »

Le lendemain matin, réveil six heures pour le p’tit déj ; avec ce que j’avais mangé la veille au resto, j’pouvais faire l’impasse , mais cela n’aurait été guère raisonnable car je savais que je ne prendrai rien de solide pendant la course.

Vers 8h15, on se dirige vers le Bourget du Lac, on tourne un peu dans la cité universitaire pour trouver le point de ralliement…Voilà, c’est fait, je retrouve les copains et copines de la veille et d’autres…

Direction le vestiaire ; tout le monde se prépare ; il fait un peu froid, humide et venteux dehors ; beaucoup ont décidé de partir bien couverts ; pour ma part,ce sera cuissard, manche longue léger et débardeur du forum par dessus.

Quelques minutes après, le départ est donné.

Nous faisons un premier tour derrière Fabien, sous la pluie et le vent, l’ambiance est sympa et rapidement, un homme se détache….. Bertrand ou Sylvain ? Il est trop loin devant pour que je sache…

Puis les tours vont s’enchaîner ; ma stratégie était la suivante : 9’10 au tour maxi, ravito compris ! Y’a plus qu’à…..Même avec un petit coup de mou sur la fin, je rentre dans mon objectif fixé à 39 tours, soit 70,2km.

Pour Anne Cécile, et comme c’est le cas pour ainsi dire sur chaque course, je lui avais établi son « plan de vol » : 10’ au tour, ravito compris. Jusqu’à ce jour, elle les aura toujours suivi à la lettre et ça l’a toujours fait, voir mieux !!!

La première heure se passe dans la joie et la bonne humeur ; elle passe même si vite que je me dis : « Faut que j’en profite car dans cinq heures, ce sera  terminé »

La deuxième heure, tout baigne encore ; je prends mon pied, je me sens à l’aise ; le tempo est bien calé, voir même un tantinet rapide. Seul hic, la FC car elle se situe entre 80 et 81% à ce moment là.

Mais je m’éclate ; encourager les autres, encourager, encourager encore… Etre fier du petit mille pattes qui a fait plusieurs tours à une bonne allure, taper systématiquement dans la main de Sandrine, tchatcher avec ceux qui font quelques hectomètres en ma compagnie ; observer ce qui se passe en tête où la course est partie comme sur des chapeaux de roues ; Bertrand m’impressionne, Sylvain a déjà mis le frein, Christian et Fabien sont en ballade, Vincent et Pascal également, Emmanuel C toujours concentré…. Les deux chamois du Nivolet tournent régulièrement… Cédric se rend compte rapidement que ça va coincer aujourd’hui ;son père restera très régulier pendant 6h ; Noël promène ou fait promener son chien ; Bernard enchaîne les tours également, le jeune Rudy me paraît très régulier, Théo et Jean Louis également, Phil et sa bande font de même, Anne Cécile est accompagnée d’un autre Philippe rencontré à Aulnat, Patrice est en reprise, Domi fait ce qu’il avait établi la veille, Cloclo, Momo, les deux Nonos et Jojo, les deux Sandrine, restent réguliers semble-t-il et tournent,  tout comme la famille Bertin… Courir, courir et courir encore comme nous tous qui sommes là pour ça…

On profite du trafic important de l’aéroport, des coups de raclette d’Alain, du photographe à la sortie du ravito,  de la météo qui devient plus clémente, même si le vent ne faiblira pas, des pointeurs coureurs comme Domi, Pat, Momo et d’autres… Je trouve cela génial de leur part !!!

Petit à petit, on arrive aux quatre heures de course, et je sais que c’est maintenant que ça commence vraiment ; pour le moment, je n’ai pas failli. Le tempo est toujours calé. Je pense à Rodio qui avait prédis qu’Anne Cécile serait prête à me croquer si je venais à faiblir… Cela fait maintenant une heure que j’ai le MP3 sur les oreilles, et j’essaie parfois de chantonner sur les airs que j’écoute, histoire de me prouver que je ne suis pas dans le rouge… 4h30 de course à présent, tout baigne, mais ça commence à faire ! Je commence à calculer la marge que j’ai pour une éventuelle baisse de régime sur la dernière heure et demie ; super ; je peux me coller sur l’allure d’Anne Cécile et je remplis quand même mon contrat !!!

Bertrand a partiellement craqué en dépit de mes encouragements à ne pas lâcher à ce moment de la course ; Christian est parti comme une fusée ; je me dis qu’il est parti chercher la gagne. Pascal est toujours dans le coup, il ne m’a toujours pas pris un tour (ça ne saurait tarder) mais a aussi fait lui preuve d’une grande régularité ; Vincent est là aussi, toujours dans le tempo lui aussi ; impossible pour moi de dire qui est en tête à ce moment là. Seule certitude, ce n’est pas moi mais j’m’en fous, car c’est comme d’hab  ! En revanche, chez les féminines, Anne Cécile me pose la question de savoir qui est en tête lorsque je la rattrape pour la troisième fois. Et là, je me mare ; devinez pourquoi !!!

Je lui propose de faire la dernière heure avec elle, mais elle ne le souhaite pas ; alors je continue sur ma lancée ; la dernière heure ne sera pas facile, contrairement aux quatre premières ; tout au mental !!! Ne rien lâcher !!! Je décompte les minutes ; je sais qu’en activant un peu, je pourrai valider le 40ème tour avant le gong… Pour cela j’ai du batailler les trois derniers  tours respectivement courus en  8’39, 8’26 et 8’16… Pas le temps d’chomer. Au final, je passe la ligne en 5h56’54’’ ; derniers tours partagés successivement avec le gratin (Pascal, Christian et Fabien ; il ne manquait qu’ Emmanuel C, mais notre écart était impossible à combler).

Anne Cécile terminera quelques minutes plus tard en ayant bouclé 37 tours…Trop forte !!! J’ai bien failli me faire croquer !

Direction le vestiaire pour un bonne douche, des échanges sur nos impressions respectives des 6h…. Puis la salle de réunion où j’espérais trouver une bonne platrasse de pâtes…Perdu ! Ils en sont au dessert ; crêpes à gogo. Hélas, pas le temps pour nous ; encore privé de dessert !!! Put…, deux fois en moins de 24h !!! J’ai pas de chance…. Et comme d’hab et cela me désole à chaque fois,  nos obligations familiales nous interdisent de continuer la fête ; il faut repartir chez nous en vitesse pour récupérer nos trois stchroumphs ! Donc en voiture à 16h, après un au-revoir rapide auprès de tout ce petit monde ; j’en oublie ma veste dans les vestiaires pour la petite anecdote et on crève non loin de Montpellier pour la deuxième petite anecdote…

Quelques jours plus tard, sur le forum, je lirai cette phrase de Vincent ; « ils sont bons ces dimanches en famille. »

Je partage ton avis Vincent, et je rajoute un grand merci à Dominique pour nous avoir tous réunis. A la prochaine…………..

A+ Emmanuel.

jeudi 10 novembre 2005

100km de Saint Estève (2005)

Compte rendu 100km St Estève.



Pour moi, cela commence en août  2005 ; Anne Cécile et Stéphane Halbaut prennent le départ de l’UTMB à Chamonix. Et pour cette troisième édition, j’ai la chance non pas de les accompagner sur le GR, mais d’assumer le rôle de suiveur… et sur une course comme celle là, ce n’est pas chose facile non plus pour un suiveur. Plus de 300km en voiture entre la  France, l’Italie et la Suisse. Deux nuits au cours desquelles le sommeil fut considérablement perturbé, mais l’immense satisfaction de les voir passer la ligne d’arrivée 36h50 plus tard… Je n’oublierai jamais le plaisir que j’ai eu à les retrouver chacun leur tour sur la piste de ski de Courmayeur au petit matin !

Puis, il y a eu les 100km de Millau fin septembre où Stéphane  avait réussi à obtenir un challenge sympa pour Anne Cécile et lui même ; assumer le rôle de meneur d’allure sur un 100km… Et là encore, j’ai fait office de suiveur, mais à vélo cette fois-ci; un petit bout de chemin avec Stéphane Houbre jusqu’au Marathon bouclé en 3h35 pour lui, avant d’aller chercher l’autre Stéphane pour l’accompagner de Millau à St Afrique et enfin suivre Anne Cécile entre St Afrique et Millau. Bref, une superbe journée pour moi, et un forte envie de m’y remettre !!! D’autant plus que le maître d’œuvre de ce projet de meneur d’allure sur 100km est tout simplement le vainqueur de cette 34ème édition des 100km ; Monsieur Bruno HEUBI ! Un vrai « pro » qui maîtrise le sujet du 100km (double champion du monde par équipe avec l’équipe de France) et un record à 6h50… Bref, une pointure de centbornard mais tout à fait accessible d’un point de vue des relations humaines et qui lorsque vous le voyez dans le reportage à Stade 2 vous démontre que l’on peut et que l’on doit courir un 100km en se faisant plaisir…. Et c’est avec cet état d’esprit que j’ai voulu retenter l’expérience du 100km.
Je décide donc de reprendre l’entraînement, mais pas comme un forcené ; seulement 2 sorties par semaine, et trois si possible. Je recherche sur le site de Bruno Heubi des infos sur les allures d’entraînement que je m’efforce de mettre en œuvre ; je n’ai que cinq semaines pour me préparer car le 100km de St Estève est prévu début novembre. J’en parle à Steph Halbaut, et de suite cela le branche. Anne Cécile, idem…. Ces deux la, plus il y a de bornes, mieux c’est !!!  Et puis il y a eu la sortie club dans le massif de la Gardiole. Et pendant le déjeuner, on propose à Stef Houbre de monter une équipe pour faire ce 100km par équipe ; la, bingo ! Pierre est partant, José également , Romain idem et David aussi … et voilà, une belle équipe de Pérols footing prête à relever le défi. Dès le lendemain de cette sortie club, je m’empresse d’envoyer les inscriptions pour les huit coureurs et prend des réservations pour la Pasta de la veille de course et du couchage au centre du Trèfle à Quatre Feuilles.
Le 4 novembre, le rendez-vous est fixé chez Steph Houbre ; David hélas ne prendra pas le départ de cette « expédition » , mais Steph lui a trouvé un remplaçant en la personne de Alain.
On prend également un copain de Steph Halbaut, Léonard, allias Marcel Millin avec nous pour le voyage. Un gars qui mérite à être connu ; il a fait des choses incroyables en Course à Pied, et a beaucoup de choses à apprendre pour tous ceux susceptibles de se lancer dans la rubrique au delà du 100km…

Nous arrivons à St Estève en soirée ; il nous faut filer à la pasta car nous sommes un peu en retard. Un vent violent ne cesse de souffler, et cela nous inquiète un peu pour la course du lendemain. Pendant la Pasta, on fait connaissance avec des membres du forum d’ADDM et cela me permet de mettre un visage sur des personnes initiées aux 100km avec lesquelles j’échange des messages sur le Net ;les Vincents (Toumazou et Gouzergh), Jean Marc, Régis, Armand…). A la fin du repas, pour la petite anecdote, Anne Cécile souffle ses « trente »bougies sur un gâteau 3 chocolats préparé par Steph pour l’occasion.
La nuit se passe plutôt bien ; je ne suis pas vraiment stressé mais ne dors pas non plus terrible. Il faut dire que le vent a  continué de souffler toute la nuit et s’est seulement calmé  vers 5h30 du mat. Vers 6h45, p’tit dèj pas trop copieux en ce qui me concerne car le départ des 100km est fixé à 8h.

Nous nous retrouvons donc sur la ligne ; 87 coureurs en individuel et 5 équipes dont une équipe féminine. Le départ est donné.

José (premier relayeur de l’équipe Pérols Footing) qui a un peu la pression, décide de suivre Steph qui avait décidé de partir sur des bases de 5 minutes au kilo, soit 12km/h. Pour ma part, je me suis fixé un plan à 5’40 au kilo. Anne Cécile qui n’a vraiment pas eu le temps de cogiter à tout cela décide de me suivre ; personnellement, je sais qu’elle en est tout à fait capable et  ne doute pas que l’on va faire un bon bout de chemin ensemble. La suite me donnera raison.

Le parcours est sympa ; il s’agit d’un aller de 5km entre St Estève et le petit village de Baho, puis d’un retour par le même trajet en sens inverse ; le tracé est légèrement vallonné, mais ce n’est pas la côte de Tiergues ou de Creissels !!! Ce type de tracé que je n’avais jamais rencontré jusqu’alors nous permet de voir tous les concurrents engagés, de suivre l’évolution de la course en tête, de féliciter ou d’encourager à chaque croisement les gars et les filles qui font la course…Et puis avec un marquage au sol tous les km, c’est bien pratique pour savoir où en est !!! Il faut dire que j’ai ma petite bandelette accrochée au short avec tous mes temps de passage programmés tous les 5 bornes avec des écarts pour un temps final compris entre 9h40 et 10 heures.
Dès le premier dix kilomètres, trois gars, dont Régis, décident de se joindre à notre duo (Anne Cécile et moi) ; ils font confiance à notre petite expérience dans le 100km. Comme je leur ai dit plus tard, c’était le bon wagon !!! En effet, devant, c’est parti très fort . Et le danger , c’est de lâcher les chevaux trop vite… Il y aura beaucoup de casse… Rapidement, les premiers nous prennent presque 2 km au tour, mais cela ne me gêne guère car je ne vise pas la victoire… En revanche, je vais me rendre compte par la suite, qu’Anne Cécile et moi avons eu une gestion très régulière de notre course, tout comme Marcel qui se trouve derrière nous, mais qui tournera son 100km comme un métronome…
On enchaîne donc nos portions de 10 km entre 55 et 56 minutes ; à chaque tour, on retrouve les autres relayeurs de l’équipe ainsi que Anne qui assurent la logistique en plus des tours à Vélo pour le rôle de suiveur. Steph passe au marathon en 3h32 ; il est toujours à 12km/h de moyenne. Alain le deuxième relayeur a effectué ses deux tours et a passé le relais à Steph Houbre. Je passe au marathon en 3h55 ; Anne Cécile est derrière à quelques secondes ; on ne se quitte pas ! Nous sommes dans notre rythme. Nos trois compères sont toujours là ; notre petite « équipe » tourne comme une horloge, mais perdra deux de ses acteurs dès le 50ème kilomètre. Nous passons à mi course en 4h38 ; au fait, les premiers ne nous ont toujours pas pris un tour !!! d’ailleurs, seul le futur vainqueur nous prendra un tour vers le 64ème kilomètre et le second de l’épreuve vers le  85ème.

Pour nous, la course se poursuit ; le vent s’est considérablement levé pendant la journée. Il est presque 13h, cela fait bientôt 5 heures que je cours sans interruption et je me sens super bien ; je suis heureux d’en être là et ce dans un tel état de forme. A ce moment là, je me dis que Monsieur Heubi avait raison ; il est possible de faire 100km avec « que du plaisir »… 
Hélas, je n’irai pas jusqu’aux 100 comme cela ; dès le soixantième km, je commence à avoir un peu mal aux cannes. Et il en reste encore 40…. Je sais qu’il me faut aller jusqu’au 80 pour être sur d’aller au bout… Alors, je cherche les ressources mentales pour y parvenir. Anne Cécile aussi « pêche » un peu, mais ne craque pas pour autant. Nous essayons toujours de garder le même rythme de 55 ou 56 minutes au tour… qui en réalité s’effectuent plutôt entre 57 et 58 minutes à ce moment là de la course.
On passe, Anne Cécile et moi, le km 75 toujours ensemble ; Romain le quatrième relayeur de l’équipe a déjà bouclé ses deux tours et Pierre est sur le point de terminer la course. Pour l’équipe, ce sera un très bon chrono de 7h40 à l’arrivée et une belle place de troisième sur le podium.
Km 78 : je me demande si je ne vais pas devoir m’arrêter ; j’ai la sensation que parfois mon genou droit se dérobe… Heureusement, cela ne durera pas et je vais entamer mon avant dernier tour ; je décide de prendre le lecteur MP3 avec les musiques que j’écoutais à chacune de mes sorties longues ; histoire de me donner du moral, du rythme, et ne pas trop penser à mes jambes qui deviennent de plus en plus douloureuses. Vers le km 83, première crampe !!!  J’arrive à la faire passer très vite en ajustant la foulée et me dis qu’au prochain passage, je dois impérativement enfiler le caleçon long pour garder la machine au chaud. Le soleil doit se coucher se soir là à 17h35…

Km85, je rattrape Steph ; Anne Cécile est à environ 1 à 2 minutes derrière. Steph et moi faisons nos 5km ensemble, et il me dit « Moi, je marche un peu dans les  bosses »… A ce moment là, il en faut peu pour ne pas tomber dans le panneau… Alors, je décide dès la bosse de « marcher un peu »… Pour moi, ce ne sera qu’une vingtaine de mètres en tout et pour tout.

Non mais ! J’ai pas couru 86 bornes non stop pour commencer à marcher maintenant !!! J’attends pas le sommet de la bosse, je repars de suite ; et Steph fait de même. Nous passons les 90 avec trois minutes d’avance sur Anne Cécile. Les deux premiers sont arrivés en 8h08 et 8h24.
Là comme prévu je demande à notre logistique mon caleçon long … et ce qui devait arriver, arriva…. Quand tu plies ta jambe après 90 bornes, pour enfiler un caleçon ; qu’est-ce-qui t’arrive, je te le mets dans le mille….UNE CRAMPE !!!! Heureusement Romain et Stéphane Houbre me filent un sérieux coup de main afin que je puisse finir de l’enfiler jambes tendues.

Avec Steph Halbaut, on décide d’attendre Anne Cécile afin de faire notre dernier tour ensemble, et de finir la course ensemble. A vrai dire, on l’a pas vraiment attendu car elle est arrivée à notre niveau de suite…. Et nous voilà partis tous les trois pour le dernier tour. Je demande (j’exige quasiment) à Steph Houbre un suiveur vélo pour ce dernier tour ; j’en ai besoin pour le mental d’autant plus que j’ai posé le MP3 à la voiture. Steph s’exécute et nous accompagne ; et là, jusqu’au 95 ème, « j’en chie »… Steph veut rentrer sous les 9h30, et je le comprends, on a pas beaucoup de marge, mais c’est faisable… Alors je suis juste derrière Steph et Anne Cécile et je vais chercher au fond de moi ce qui me permet de ne pas les lâcher… Bref, je suis à ce moment là, un « suceur de roue »…

Pour les 5 derniers, je reprends la tête dès la première bosse ; on est toujours dans les temps pour 9h30… Je creuse un petit écart mais comme je le dis à Steph qui est à vélo, je les attendrai dans le dernier km, mais c’est moins dur pour moi d’être devant que derrière à leur lécher les baskets… Km 98 : Romain et Pierre arrivent en courant à notre rencontre ; putain ça fait du bien de vous voir là les gars… Km 99 : c’est José qui nous attend… Et voilà ; moins de 500 mètres, je trottine , Anne Cécile et Steph me rattrape et on passe la ligne ensemble en 9h29… Trois centbornards de Pérols Footing en moins de 9H30… Elle est pas belle la vie !

Marcel (le métronome) finira une heure plus tard en 10h31.

Nous sommes ravis, on va se restaurer, se changer, échanger avec d’autres coureurs qui en ont terminés… Bref, on va partager avec celles et ceux qui ont participer à la fête…avant de reprendre les voitures pour rentrer à Pérols.

Je n’ai pas atteint mon objectif : me faire plaisir pendant 100km ; Je n’ai connu cela que pour les 60 premiers…et une fois la ligne d’arrivée passée. Peut être qu’avec un peu plus d’entraînement ! Mais pas trop non plus…
Merci à tous ceux de l’équipe, ainsi qu’à Anne pour leur soutien et leur dévouement.
Merci à Steph Halbaut, Merci à Anne Cécile avec qui je compte bien faire d’autres 100km.
Peut être que ce petit compte rendu de course donnera l’envie à d’autres de se lancer dans l'aventure de la course longue distance!

Emmanuel FONTAINE